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31.3.16

La science vient de le confirmer: ni la richesse ni la gloire ne valent un bon copain !


Vous êtes riche ? Vous êtes célèbre ? Ça ne vous empêchera pas d’avoir une santé pourrie, alors même que vos anciens copains de classe qui ont anonymement pointé à l’usine ou gratté du papier pour pas cher toute leur vie affichent une santé insolente à l’heure où sonne la retraite. Parce que eux, on les aime pour de vrai. Telle est la conclusion que l’on peut tirer d'une étude dirigée par le professeur Robert Waldinger et rapportée par le Washington Post.
Robert Waldinger, psychiatre à Harvard, a repris en 2003 la direction de la Grant Study. Cela fait plus de soixante-dix ans que le gouvernement américain dépense des millions pour ce programme dont les résultats n’étaient pas connus du grand public. Waldinger a décidé d’en parler lors d’une conférence Ted visionnée par plus de 6,5 millions de personnes depuis novembre 2015.
Cette étude, la plus longue jamais réalisée sur le développement humain, a débuté en 1938. Cette année-là, les chercheurs ont sélectionné des étudiants de Harvard (dont le futur président Kennedy) pour examiner sur le long terme chaque aspect de leur vie. Dans les années 1970, l’équipe de chercheurs s’est mise à collaborer avec une autre équipe qui menait depuis les années 1940 le même genre d’étude sur de jeunes hommes de quartiers pauvres de Boston. Tous étaient des hommes, tous étaient blancs, mais leur statut social était très différent. 
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11.11.14

Pourquoi l'amour meurt ?

J'ai envie de remettre un instant ma casquette de psy, d'ethnologue, de philosophe; de théologienne ? De prof en tout cas, pour vous dire, partager ma pensée ! Et pas seulement d'auteure.
30 ans d'observations des couples ! Oui cela s'impose, là, en ce matin brumeux. Quelque chose que je dois partager avec vous. Parler d'amour. Parler du désamour.
Vous savez... Toutes ces questions que nous avons... Pourquoi les contes de fées s'arrêtent-ils lorsqu'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ? Pourquoi la belle flamme du désir, ce feu passionné, cette incandescence des regards s'estompent-ils dès lors que la vie commune prend forme, et surtout dès lors que les enfants naissent ? Pourquoi ce drame ordinaire ?
Bien sûr il existe des exceptions à cette tragédie banale, et nous les expliquerons; mais cet évènement morbide, cette chute de l'âme s'observe dans la majorité des foyers, avec seulement quelques sursauts de vie et notre lutte pour que des braises l'ardeur renaisse.
Savez-vous que nos ennemis sont la sédentarisation, l'Œdipe et le tabou de l'inceste, le manque d'altérité ?
Je vous les donne en vrac... L'explication s'annonce un peu longue, et nécessite de la méthode, de l'application et je dois rejoindre mes élèves. Alors à demain ! A très vite en tout cas.
Demain nous commencerons par notre premier pilier : notre trop bonne mémoire.

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26.1.13

Sommes-nous meilleurs quand nous sommes rassurés ?


Expérimentation française concernant l'odeur du pain chaud :
Les odeurs nous ramènent à des sensations très archaïques et nous savons que l'accès aux nourritures simples et accessibles sont éminemment rassurantes. De plus il semble qu'elles nous inspirent un comportement plus généreux. 
C'est mon interprétation en tout cas concernant les résultats d'une recherche qui montre que l'être humain se conduit de façon plus aidante lorsqu'il est en contact avec l'odeur du pain. Des acteurs faisant tomber un objet de leur sac (type mouchoirs) devant une boulangerie voyaient 77% des personnes les aider à récupérer leur objet contre 52 % devant un magasin de vêtements.
Une cohorte d'autres recherches ont montré que d'autres odeurs agréables rendaient plus altruistes.
Moralité : parfumons-nous et/ou cuisons du pain dans les foyers !
PS : Et si on cuisait le pain au culte, les dons seraient-ils plus généreux ? Pasteurs, plutôt que préparer des prêches sophistiqués... à vos fourneaux !
Source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2226067/How-aroma-freshly-baked-bread-makes-kinder-strangers.html

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22.1.13

Finalement le mariage c'est quoi ?


Après la passion qui, selon Richard Lucas, dure seulement deux ans, comment gérer le decrescendo ?
Selon Sonja Lyubomirsky la passion doit évoluer vers le compagnonnage, l'affection profonde, le sentiment de connexion et d’appréciation. Car nous nous habituons à certaines circonstances de bonheur comme à tout et elles nous laissent petit à petit dans une certaine indifférence.
Elle recommande de parler ensemble, de réellement s'écouter, d'exprimer admiration et affection. D'apporter de la nouveauté dans le couple en se lançant dans de nouvelles activités, en découvrant de nouveaux endroits et de nouveaux amis. D'apporter de l'affection non sexuelle par des gestes tendres. De soutenir son partenaire dans de nouveaux projets. De faire trois fois et certains disent cinq (comme dans l'éducation d'un enfant) plus de commentaires positifs que de négatifs, le ratio étant de 1/1 dans les couples qui ne fonctionnent pas. 
Elle conseille d'écrire un journal des évènements positifs et négatifs dans le couple, de tenter d'en inverser la courbe et de se demander chaque matin "que puis-je faire qui dure cinq minutes pour rendre mon/ma partenaire heureux/se aujourd'hui ?
PS : On remarque à la lecture de cet article qu'un enjeu important est la "nouveauté". Pourtant nous n'en demandons pas tant à nos amis. Quand à la sollicitude, il est clair qu'elle est toujours à renouveler !
PS2 : Si vous tapez "mariage" dans les images de google, vous ne verrez que des robes de mariées, des mariés, et des alliances. La suite ? Pfff !
Source : http://well.blogs.nytimes.com/2013/01/14/that-loving-feeling-takes-a-lot-of-work/

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10.4.11

Problèmes relationnels et self-contrôle

On pense souvent que les conflits de couple sont normaux, voire nécessaires. Avoir du self-contrôle peut être perçu comme un manque de spontanéité, de passion ou au moins d'émotion. On se demande s'il faut être complémentaires ou bien semblables; si l'un doit amener la passion et l'autre la raison, ou bien être les deux passionnels pour mieux vibrer ensemble ou encore les deux raisonnables pour être en harmonie.
Les chercheurs Vohs, Finkenauer et Baumeister ont étudié quels étaient les meilleurs combinaisons de partenaires, amis de même sexe, amoureux ou couples mariés, eu égard à leur degré de self-contrôle. En mesurant le degré de self-contrôle de chaque partenaire, ils observé l'impact sur la relation. 
La différence de scores, entre les partenaires, ne s'est pas révélée significative, ni la similarité.
C'était la somme des deux scores qui apportait une différence notable dans la qualité de la relation. Plus les deux partenaires montraient de self-contrôle, meilleure était la relation. Et ceci était vrai aussi bien pour les amis, les amoureux que les couples mariés.
Les résultats ont montré que les couples semblent plus disparates que les amis en terme de self-contrôle, ce qui laisserait à penser qu'on choisit mieux en amitié qu'en amour.
Un plus grand self-contrôle apporte aux partenaires, amis ou amoureux, plus de satisfaction, plus de pardon, un plus grand attachement, plus de tolérance, un style d'attachement plus sain, des interactions plus douces, l'absence de conflits, et l'absence de sentiment de rejet.
Alors faut-il bouder les joies et les affres de la passion ? Pas forcément, si elle est de courte durée. Mais si l'on veut former un couple stable et heureux, mieux vaut privilégier le self-contrôle. 
Source : Vohs, K., Finkenauer, C., Baumeister, R., The sum of friends' and lovers' self-control scores predicts relationship quality. Social Psychological and Personality Science September 24, 2010. 
http://2doc.net/ihb03

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31.3.11

Est-ce que je te touche ?

Si nous communiquons le plus souvent par la parole et les mimiques, voire la posture, nous sommes parfois dans des situations où, par souci de discrétion, ou pour nous faire comprendre de façon plus instinctive, nous choisissons le toucher. On peut se demander alors si le message passe ou s'il génère une confusion.
La recherche en communication s'est surtout concentrée sur la voix et le visage. Mais qu'en est-il du toucher dans la communication des émotions ? Les chercheurs Thompson et Hampton ont souhaité explorer comment la transmission des émotions par le toucher, entre étrangers, pouvait être comparée à celle des couples. 
Dans une précédente étude conduite aux USA et en Espagne, des chercheurs (Hertenstein et al, 2006) avaient constaté que des personnes, séparées par une barrière opaque, pouvaient, en se touchant l'avant-bras, communiquer colère, peur, dégoût, amour, gratitude et sympathie. Mais des étrangers ne pouvaient partager la surprise, le bonheur, la tristesse, ni la gêne, l'envie et la fierté, ces dernières émotions étant très personnelles et internes à la personne. Dans leur seconde étude, en permettant aux participants de toucher tout le corps, on ajoutait deux émotions de plus : le bonheur et la tristesse.
Thompson et Hampton se sont demandés si les couples étaient plus performants pour communiquer leurs émotions de cette manière et particulièrement les émotions très personnelles comme l'envie, la fierté et la gêne. Ils ont proposé à 60 participants d'interagir, avec leur partenaire (avec qui ils partageait une relation depuis en moyenne un peu plus de deux ans) et avec des étrangers. Ils devaient partager 12 émotions.
Sur les 12 émotions, les couples ont réussi à transmettre 50,8 % des émotions à leur partenaire, pour seulement 37,5¨% entre étrangers. Quant aux émotions internes et subtiles telles l'envie, la gêne et la fierté, les couples captaient l'émotion dans 39% des cas contre 17% entre étrangers. On doit noter que les couples prenaient plus de temps pour transmettre l'émotion que les étrangers entre eux et que plus les émotions étaient proches dans les moyens d'expression, comme par exemple taper ou pousser, dans la colère et le dégoût, plus elles étaient confondues.
Les chercheurs en concluent que si des étrangers peuvent facilement communiquer par le toucher des émotions relatives aux interactions, comme la sympathie par exemple, il faut être plus intimes pour partager des émotions concernant un ressenti plus subtil.
Les résultats nous montrent que cette transmission des émotions reste assez imprécise, même si elle s'avère plus tangible entre partenaires sentimentalo-sexuels. Nous faut-il donc, pour toucher autrui, développer notre intelligence tactile ?
Source : Thompson, E. H., & Hampton, J. A. (2011). The effect of relationship status on communicating emotions through touch. Cognition & Emotion, 25(2), 295-306. doi:10.1080/02699931.2010.492957
http://www.staff.city.ac.uk/hampton/PDF%20files/thompson&hampton11.pdf

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26.3.11

Pourquoi jubile-t-on du malheur d'autrui ?

Duchemol a un souci, Trucmuche se prend un râteau et nous ne pouvons nous empêcher un petit sourire et penser : "Il l'a bien mérité", "Elle l'a bien cherché". On se réjouit parfois ( ou souvent ?) du malheur des autres. Mais quel bénéfice en tirons-nous ? 
Des chercheurs hollandais se sont demandés quelle était l'origine de cette délectation morbide (Schadenfreude). Dans deux expérimentations, ils ont tenté de vérifier s'il existait un lien entre une déstabilisation de l'image de soi et la propension à se réjouir du malheur d'autrui. Fallait-il en outre qu'autrui essuie un revers dans un domaine qui concernait directement le participant, ou tout autre domaine suscitait-il le même effet ?
Les évènements qui  nous comblent, ou promettent de nous combler, induisent des émotions positives et ceux qui nous entravent des émotions négatives. Dans une étude antérieure (2010) ces chercheurs avaient déjà constaté que se réjouir du malheur d'autrui aidait la personne à protéger, maintenir et promouvoir l'image de soi. Plusieurs autres recherches ont montré que c'est dans la comparaison avec autrui que les personnes évaluent le degré de satisfaction qu'elles ont de leur vie.
Dans la première expérimentation, les participants, 130 étudiants, devaient accomplir une tâche pour laquelle ils recevaient un feedback négatif ou positif. Pour renforcer cet aspect, les participants étaient "informés" que cette tâche révélaient leurs capacités intellectuelles et analytiques. On leur présentait ensuite le profil d'un étudiant excellent, promis à un brillant avenir, et on mesurait leur réaction (sympathie ou non) à l'égard de cet étudiant. Dans un second temps, on leur annonçait que cet étudiant avait finalement été recalé. De nouveau mesure de leur réaction.
Dans la deuxième expérimentations, 75 étudiants étaient également exposés à la dévalorisation ou à la valorisation après une tâche. On les mettait ensuite en présence d'une information leur indiquant qu'un étudiant ayant loué une voiture chère, pour une soirée, avait fait tomber cette voiture dans l'eau, devant ses amis, et que la voiture, sortie par les pompiers, avait été ruinée.
Dans les deux expérimentations, les participants dévalorisés (lors de la tâche) s'étaient davantage réjouis de l'infortune d'autrui que les étudiants valorisés. Dans la première expérimentation, moins les étudiants appréciaient le profil de l'étudiant brillant, plus ils se réjouissaient du fait qu'il soit recalé, mais l'envie n'était pas un facteur aggravant. La question de l'envie reste donc entière et les chercheurs souhaitent approfondir cet aspect.
Source : van Dijk, W. W., Ouwerkerk, J. W., Wesseling, Y. M., & van Koningsbruggen, G. M. (2011). Towards understanding pleasure at the misfortunes of others: The impact of self-evaluation threat on schadenfreude. Cognition & Emotion, 25(2), 360-368. doi:10.1080/02699931.2010.487365

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15.3.11

On se raconte à autrui selon son humeur

Comment notre humeur nous pousse-t-elle à nous livrer ?
Si nos interactions peuvent modifier, voire altérer notre humeur, JP. Forgas, chercheur australien, s'est interrogé sur l'impact de notre humeur de base sur notre capacité à entrer en intimité. Nos états émotionnels changent notre façon d'interagir et de nous ouvrir à autrui.
Trois expérimentations ont révélé que les personnes de meilleure humeur étaient prêtes à livrer plus d'informations personnelles, intimes et variées. A contrario, les personnes d'humeur moins sereine observaient plus le comportement d'autrui et adaptaient plus leur niveau de confidence à celui de leur interlocuteur.
Source : Affective influences on self-disclosure: Mood effects on the intimacy and reciprocity of disclosing personal information. Forgas,JP.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21171788