23.1.13

Votre voyage au soleil ? Un désastre pour votre bébé !

Article à passer à vos copines, filles, soeurs : merci pour les bébés !

Vous avez accouché il y a moins de deux ans, et, quelques mois après l'accouchement, il y a cette tentante publicité pour un voyage au soleil en amoureux. Pas question de trimbaler bébé qui a besoin de calme et qui ne supportera pas la chaleur. La maternité est exigeante et vous avez besoin de retrouver vos forces, vous dites-vous ! Et votre maman ou belle-maman se propose si gentiment pour garder votre chérubin. Tout est parfait.
Alors il vous faut découvrir les choses du point de vue de votre bébé. Un bébé est essentiellement attaché à sa mère. Cela me parait une évidence mais ce n'est pas évident pour tout le monde. Il connait votre odeur, votre voix, et il ne comprend pas encore tout à fait qu'il n'est pas juste une partie de vous. Il n'est pas simplement un tube digestif qui a besoin de soins. Vous êtes son univers et dans une journée il n'attend qu'une chose, vous retrouver, être dans votre chaleur, votre sphère, comme lorsqu'il était dans votre ventre.
Vous souvenez-vous combien lorsque vous étiez petite une journée pouvait paraître longue, lorsqu'il n'y avait pas école, ou lorsque vous étiez seule ? Alors imaginez pour un bébé ! Il a vécu si peu de temps que pour lui une journée est très longue, c'est proportionnel. Il doit d'ailleurs dormir plusieurs fois pour réussir à la traverser.
Pour votre bébé, le monde est un simple décor, et la seule personne réelle est vous. Vous êtes celle qui est indispensable à son équilibre.
Si vous partez quelques jours en vacances, le bébé va entamer automatiquement un deuil. Vous avez disparu de sa vie !
Dans les psychothérapies d'adultes ou d'enfants, on trouve toujours trace de ce genre d'évènement. Le lien est rompu, la confiance est ébranlée, le parent peut être défaillant et il faut en prendre une distance et à la fois s'y accrocher pour qu'il ne disparaisse pas de nouveau. Les conséquences sont toujours là, et parfois de façon dramatique. J'aimerais qu'il y ait une étude entre l'autisme qui ne cesse d'augmenter et les vacances des parents lors des premières années d'un enfant, qui ne cessent aussi d'augmenter. On doit d'ailleurs noter que les meilleurs traitements de l'autisme à ce jour mettent en oeuvre une présence et des interactions constantes et ordonnées dans le temps.
Alors, avant qu'un enfant ne parle et ne soit capable de comprendre un calendrier (tant de nuits chez Mamy), de vous parler sur skype ou au téléphone, je vous déconseille formellement d'abandonner vos petits.
Ne disparaissez pas !

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6 commentaires:

Brigitte Minel a dit…

Commentaire que j'ai reçu par mail :
Tu imagines les dégâts chez moi, Mme la psy : presque 1 mois de couveuse en 1969 (exactement du 3 janvier au 31) sans plus aucun contact avec ma maman ni ma soeur jumelle ... ouïe !

Anonyme a dit…

Merci pour cet article édifiant, parlant enfin d'un sujet qui semble tabou. J'ai une petite fille de bientôt 3 ans (en février), et nous n'avons jamais imaginé un seul instant partir ne serait-ce qu'une nuit sans elle!!! Evidemment nous passons pour des débiles profonds auprès de nos amis qui eux, partent sans scrupules 2, 3, voire 4 nuits si ce n'est 1 semaine ou plus sans leur progéniture encombrante. Alors : MERCI! Merci de dire que c'est dommageable pour l'enfant, on ne le sait pas assez. Une de mes amies m'a dit qu'un bébé, du moment qu'il a de l'amour, peu importe de qui, c'est OK… NON!!! Il a besoin de sa MAMAN et de son PAPA!!

Oui la maternité/paternité est exigeante, fatigante. ça change la vie. Et de fait, on fait les choses, mais différemment et c'est ça qui est beau! Nous sommes actuellement en vacances à la montagne et c'est beau de lui faire faire ses 1ers pas à skis, de jouer dans la neige, de ne pas sortir au resto le soir pour qu'elle dorme tôt et aie son quota de sommeil pour le lendemain, etc.! On est une famille, maintenant, plus seulement un couple. Qui demeure, certes, et il faut trouver d'autres moyens de faire vivre ce couple. AVEC l'enfant.
Moi je suis convaincue du bien fondé de votre point de vue!

Anonyme a dit…

Je témoigne des dégâts chez moi à ma psy préférée qui publie toujours des articles intéressants : j'ai subi presque 1 mois de couveuse en 1969 (exactement du 3 janvier au 31) sans plus aucun contact avec ma maman ni ma soeur jumelle (à l'époque l'Hygiène était un maître tyrannique !) ... ouïe ! Alors, quand j'ai eu mes filles, je ne les ai pas quittées d'1 semelle dès que je les ai reçues dans mes bras, mes 2 belles princesses . Je ne regrette rien de ces premiers mois de consécration à mes enfants à 1000% (allaitement plus d'1 an, etc., etc., etc.). Les liens sont géniaux aujourd'hui : elles ont 16 et 13 ans. Elles sont indépendantes, mûres, responsables et laissent leur maman faire 1000 et 1 choses comme du grec et de l'opéra et une thèse en théologie. Le pied intégral

Brigitte Minel a dit…

J'ai copié le tien en haut, mais ça y est ton commentaire plus complet est passé. Merci.

Anonyme a dit…

Je voulais partager mon expérience avec Charlotte : je me suis absentée une nuit pour le boulot (elle était avec son père) lorsque j'ai vu sa réaction quand je suis allée la chercher chez la nourrice (tellement contente de me revoir, comme si j'étais ressuscitée pour reprendre ton analogie) et je me suis promis de limiter au maximum mes déplacements.

Anonyme a dit…

Merci pour cet article qui appelle mon témoignage…
Jeune maman de 20 ans à l’époque, j’ai confié mon bébé de 8 mois à ses grands-parents très aimants pour accompagner mon mari 6 jours en voyage d’affaire, y voyant peut être l’occasion de me reposer. Bébé a été choyé, dorloté…je téléphonais pour avoir des nouvelles et tout se passait bien. Jusque-là aucun problème donc.
A mon retour, j’ai pourtant été stupéfaite de sa réaction. Lorsqu’elle a entendu ma voix, elle s’est agitée et, lorsqu’elle m’a vue, son visage s’est transformé pour laisser place à une expression de frayeur. Elle s’est mise à pleurer, en agitant les bras comme si elle perdait l’équilibre. C’est un peu comme si elle avait « vu un fantôme ». Je l’ai prise dans mes bras, câlinée, embrassée…J’ai ressenti un désarroi profond.
Et c’est à partir de là que son comportement a été complètement bouleversé. Elle est restée un bébé agréable, calme, éveillé. Mais lorsqu’il s’agissait de dormir, c’était une autre histoire. Jusque-là habituée à une vie calée à son rythme, dormant paisiblement lors de la sieste dans sa chambre, faisant ses nuits complètes, elle a refusé de dormir la journée (plus aucune sieste n’a jamais été possible), a posé de gros problèmes pour s’endormir le soir, a eu des nuits agitées, ne supportait plus que je quitte la pièce. Dès que je sortais de son champs visuel elle avait des crises de larmes allant jusqu’à en devenir bleue car elle ne respirait plus !
En grandissant, ce sentiment de peur d’être abandonnée est resté très fort malgré tout l'amour dont nous l'avons entourée. Ses problèmes pour s’endormir le soir ont perduré, les terreurs nocturnes sont apparues. Jusqu’à l’âge de 5 ans, elle posait problème pour s’endormir ailleurs que dans mon lit.
En grandissant, ma fille n’a jamais supporté d’aller dormir chez les autres, loin de ses parents. Invitée par ses cousines, elle se rendait malade le jour J…invitée plus tard par sa copine de classe, elle réveillait les parents en pleine nuit, effrayée sans trop comprendre pourquoi. Nous avons pensé qu’elle était casanière, qu’elle aimait sa maison.
Les vacances étaient aussi une période qui appelait l’angoisse. La veille, jusqu’à il y a peu de temps, elle était envahie par le spleen, versant toujours quelques larmes le jour J sans ne savoir pourquoi.
Ma fille est devenue une jeune adulte très équilibrée, souriante et pleine de vie. C’est en parlant avec elle de ce sentiment qui précède aujourd’hui encore ses départs en vacances avec ses amis que j’ai fait le rapprochement…que « les pièces du puzzle » se sont assemblées.
Pour moi, la seule explication possible reste cette « coupure » de six jours, dont je n’avais pas imaginé une seule minute les conséquences. D'ailleurs, je ne suis plus jamais partie en «vacances » sans ma fille.
Je tiens donc à partager ce témoignage avec le plus grand nombre, pour que les jeunes mamans sachent à quel point une séparation quand un enfant n’est pas en âge de la comprendre peut avoir des conséquences. Surtout quand on a conscience aujourd’hui de la pression exercée sur les femmes, imposée par cette « dictature du bonheur à tout prix ». A peine mères, on leur demande de rester femmes, d’avoir un corps sublime, d’être au top au travail, en couple, au foyer…cette pratique, de plus en plus fréquente qui consiste à laisser parfois deux semaines un bébé pour aller cimenter son couple au soleil au bout du monde est dangereuse pour l’enfant, pour son futur équilibre, et peut faire naître cette peur de l’abandon contre laquelle il est très difficile ensuite de lutter.
Merci donc pour cet article, et je suis d’avis qu’une étude sur le sujet pourrait être vraiment intéressante !