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11.11.14

Pourquoi l'amour meurt ? (2) La force de la mémoire

Chose promise, chose due, me voici pour une nouvelle leçon sur l'amour.

Mon Œdipe vient m'embrouiller dans ma relation amoureuse ? Déjà entendu !
Certes.
Reprenons tout de même...
Les fautifs de cette exaspération des mémoires de l'enfance sont les vestiges de notre vécu de tout-petit : la sensation d'un lent écoulement du temps, notre curiosité, notre petitesse et à la fois l'intensité de nos expériences, notre dépendance, la prévalence des émotions...
Révolte ! Pourquoi les mémoires de l'enfance sont-elles aussi importantes, aussi envahissantes ?
Nous aimerions être libre, vivre notre vie d'adulte en toute liberté.
Pourtant...
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8.5.14

COMMENT GARDER LA JEUNESSE DE SON CERVEAU


Contrairement aux croyances, notre cerveau peut garder sa capacité à se régénérer (sa plasticité) même avec l'âge.
Pour cela le chercheur Pierre-Marie Lledo évoque cinq conditions : il est nécessaire de continuer à apprendre et nous émerveiller, d'éviter le stress du monde urbain, de limiter très sérieusement la consommation de psychotropes, d'avoir des sessions régulières d'efforts physiques, de lutter contre l'isolement social. En effet un haut taux de cortisol serait un facteur d'inhibition pour l'utilisation de nouveaux neurones.
Si nous gardons cette plasticité cérébrale c'est parce que le cerveau humain continue de grandir en dehors du corps de la femme, dans la mesure où la position debout (et le resserrement du bassin qui s'est ensuivi) a obligé la femme à accoucher de "prématurés" (en comparaison des autres espèces animales).
Notre cerveau va donc se nourrir de facteurs externes via la transmission sociale. En effet on trouve dans le cerveau des "pouponnières de neurones" qui permettent ce renouvellement.
Le cerveau stressé, lui, ne produit plus de neurones quand l'individu dans le bien-être voit ses capacités s'exprimer de façon maximale.

Ma conclusion : cet exposé me fait penser à combien la culture du stress dans les entreprises est néfaste à la créativité; à la difficulté pour de nombreuses personnes à évoluer dans leur vie personnelle et au temps perdu avant d'entreprendre une thérapie (plus de temps à souffrir = plus de stress = moins de plasticité); à la toxicité d'entretenir la compétition à l'école...


Le chercheur Pierre-Marie Lledo est directeur de recherche à l'Institut Pasteur (unité Perception et Mémoire et au CNRS (Gènes, synapses et cognition).

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7.7.11

Les coïncidences suspectes nous enseignent

Comment apprenons-nous ?
Vous rencontrez un chien blanc avec des tâches noires et l'on vous dit "Regarde le joli Fep !".
Vous en croisez un de nouveau et l'on remarque : "Encore un Fep !"
Puis vous voyez deux de ces chiens, on commente : "Deux Feps".
On peut très justement déduire que la personne exposée déduira elle-même que c'est ce type de chiens qui sera ainsi nommé, et non toute la classe des chiens.
Ces coïncidences ainsi devenus "suspectes" attirera l'attention de l'apprenant.
Enfants et adultes absorbent ainsi les connaissances. Si on leur signale le mot "Fep" en montrant un dalmatien, ils retiendront que "Fep" est un mot désignant tous les chiens. Mais si plusieurs dalmatiens sont ainsi désignés, seuls les dalmatiens seront retenus sous l'appellation "Fep".
Ce qui est étonnant dans ces observations, c'est le fait que les apprenants généralisent lors d'une SEULE exposition et ne le font plus lorsque le mot et l'objet sont associés plusieurs fois.
Le cerveau semble apprendre en tirant des conclusions statistiques. Etre exposé à différents contextes et à plus d'exemples à la fois permet de mieux discriminer, à condition que les éléments mémorisés soient présentés simultanément et non étalés dans le temps.
Notre cerveau apprend donc d'abord en généralisant puis en affinant, alors qu'on s'attendrait à qu'il  ne généralise que lorsqu'il aurait rencontré un grand nombre de "Feps".
Note personnelle : Ce phénomène concorde avec le point de vue psychologique. Le psychisme étant principalement concerné par la survie, on comprend qu'il généralise avant d'affiner, dans le but de repérer ce qui est dangereux de ce qui ne l'est pas. Les subtilités de l'apprentissage ne sont nécessaires que dans un deuxième temps. Il serait intéressant de reproduire l'expérimentation dans des conditions de stress.
Source : John P. Spencer, Sammy Perone, Linda B. Smith and Larissa K. Samuelson. Learning Words in Space and Time. Probing the Mechanisms Behind the Suspicious Effect. Psychological Science June 2011,24, doi:10.1177/0956797611413934

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